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2009/01/05

Critique radicale de la démocratie (5)


Critique radicale de la «démocratie» (5)


Voici un cinquième problème : la très forte suspicion d'obsolescence que le populo commence à percevoir. Disons simplement que le système se ringardise.

Que penser en effet d’un un procédé inventé et élaborée a des époques où n'existaient ni l'éducation de masse, ni les média grand public, ni les moyens de communication moderne ? Que penser d’un procédé mis au point pour un petit groupe, une élite de citoyens libres dans des cités où la majorité des personnes présentes étaient exclues des décisions car soit esclaves, soit barbare, soit du sexe féminin et où les décisions prises concernaient uniquement la cité elle-même ?

De plus, en pratique, le vote d’une décision devait à l’époque pour être légitime être précédé d’un débat effectif. Ce débat permettait à chacun d’exprimer ses idées, et dans un monde idéal, de tendre vers une forme de consensus ou tout le moins vers l’établissement d’une nette majorité garante, comme nous l’avons vu précédemment, de la légitimité de la décision...et donc garante en définitive de l’inutilité concrète du vote car tout le monde se trouvait rangé au même avis. Disons ici, pour caricaturer, que le vote fonctionne lorsqu’il ne sert à rien.

Nous convenons de nos jours que, pour être légitime, ce débat doit être mené entre citoyens bien instruits, bien éduqués, bien formés et impartiaux. Même si, charitablement, on admet que l’éducation nationale et les média répondent plus ou moins à leur mission, les citoyens réels, eux, ne sont jamais impartiaux. La quantité d’information disponible produit un bruit de fond tellement intense qu’il n’est pratiquement plus possible pour l’électeur potentiel d’en extraire le moindre sens.

Les médias se sont constitués aujourd’hui en une caisse de résonance sélective. Ils choisissent plus ou moins arbitrairement quelques informations risiblement ténues. Chaque organe commente, relaie et amplifie ces micros évènement pour en faire des informations planétaires qui saturent sans coup férir nos possibilités de jugement.

Comment pouvons-nous alors décider où porter nos suffrages puisque nous n’avons qu’une idée confuse du monde ? Nous ne pouvons plus nous le représenter que comme un tintamarre sans signification ni direction.

Nous devons admettre que nous sommes bien loin du gouvernement d’une petite cité idéale et belliqueuse à l’ombre du mon Olympe. Quelle chance à donc ce système de pouvoir convenir à notre monde globalisé de plusieurs milliards d’habitants ?…

B.O.B.

19 commentaires:

patbac a dit…

Certes Athènes est loin derrière nous mais ses fondations s'ancrent encore profondément sous les pavés de nos cités et même de nos continents. On ne peut réduire la démocratie à ce qu'elle fut à ses balbutiements. L'argument est trop réducteur voire fallacieux pour être retenu. Chaque système se nourrit de ses manques, de ses excès, de son histoire pour s'adapter, comme l'humanité le fait depuis des millénaires.

Rechercher un nouveau système qui prendrait en compte l'ensemble des besoins, des désirs ou des connaissances... qui satisferait les optimistes comme les pessimistes, les forts comme les faibles, les courageux comme les paresseux, les bien portants comme les malades... le sentier est raide !

Une gestion planétaire qui apprécierait l'ensemble des différences... pour mieux les gommer ? Le piège est proche qui consiste à satisfaire le plus grand nombre en abrasant les aspérités. Non, cela ne se peut. Il faut plancher sur une approche globale, modulable, polymorphe... le sentier devient abrupt, il va falloir s'encorder ami(s)(e) de ce blog !

Je ne peux, malgré tout, m'empêcher d'avoir cette pensée effroyable ainsi que de me remémorer ce roman d'anticipation : "Un bonheur à tout prix"...

Je vais faire une pause pour réfléchir à tout cela...

[ à suivre ]

clodlemaire a dit…

je n'ai malheureusement pas lu le livre "un bonheur à tout prix" de ZAD et Jean D, enfin c'est ce que dit internet, et je ne sais même pas de quoi il parle, et pire je ne suis pas près de le savoir vu qu'il est épuisé...

Mais Patbac fait bien d'évoquer le mot "bonheur", parce que finalement on se fout du système en place pourvu que l'on soit heureux. Or, malheureusement le bonheur, celui que l'on écrit avec rien que des majuscules partout, semble ne pas exister. Du coup, quelque soit le système de gouvernance de la population, puisqu'il faut qu'elle soit gouvernée, il y aura toujours des malheureux et des exclus, des laissés-pour-comptes et des insatisfait.

Il est même bien possible qu'on en arrive à la conclusion que l'idéal n'existe pas...mais je m'égare et "si je m'égare fermez les yeux dans une gare je prierai Dieu" C.Nougaro 1964 (je crois).

Le démocratie ne fonctionne bien qu'à une très petite échelle, le vote étant la résultante d'un débat...Et encore, il me souvient de l'époque où j'étais "frêre :." et lors de nos tenues nous avions déjà bien des difficulté à nous mettre d'accord sur les décisions à prendre, et nous n'étions qu'une quarantaine.

Le pluriel ne vaut rien à l'homme et sitôt qu'on
Est plus de quatre on est une bande de cons. G.Brassens (je ne sais plus quelle année, mais c'est pas tout neuf)

I will be back !

patbac a dit…

Il faut que j'arrête un truc, je ne sais pas encore lequel mais il le faut... Je faisais référence, non pas à "Un bonheur à tout prix" mais à "Un bonheur Insoutenable" d'Ira Levin, une contre-utopie, celle d'un bonheur imposé...

Mais comme le fait remarquer (avec clairvoyance et lassitude ?) clodlemaire, le bonheur est sans doute une immense loterie. On peut également estimer qu'il est une affaire personnelle, sans doute une recherche égoïste.

En tout cas, le mode de gouvernance n'a absolument rien à y voir.

[ à suivre ]

Suicufnoc (jr) a dit…

En effet, les modes de gouvernement ne font certes pas le bonheur mais l'histoire à montré que certaines politiques peuvent provoquer le malheur des gens !

Une démarche politique visant à minimiser le malheur du plus grand nombre serait déjà un progrès.

S(jr)

clodlemaire a dit…

Je me souviens d'avoir croisé une vieille dame dans un hôtel Château-Gonthier, lorsque j'étais en tournée, qui m'avait dit, pour être heureux il n'y a qu'une seule solution : "Désirer ce que l'on a et devenir ce que l'on est!"
Je vous laisse méditer, moi il y a 20 ans que cette phrase me hante...
Quant à l'égoïsme, je ne crois pas qu'il puisse rendre heureux, le bonheur passant nécessairement par celui des autres...enfin mon bonheur...enfin je ne sais pas...en tout cas je ne crois pas être égoïste, tout juste égocentrique...

Mais je crois que l'on s'écarte un peu su sujet de ce blog...quoique!

clodlemaire a dit…

...en aparté...
je me souviens bien de l'excellent bouquin d'Ira Levin...
Il me semble même en avoir lu une critique dans un antique Sismiose...

CF : Sismiose N°2 page 15 critique signée Dédé de Dourdan, paru en décembre 1975.
(si, si, je l'ai sous les yeux...)

patbac a dit…

En réponse à l'aparté...

J'ai bien connu un Dédé de Dourdan... Avec un nom aussi pittoresque il ne peut s'agir que du même personnage. Il était particulièrement haut en couleur et c'est avec une vraie émotion que je replonge dans cette époque chargée du souvenir de nos frasques légères...

Quant à la vieille dame de Château Gontier, je ne suis pas persuadé de l'universalité de sa jolie phrase et qu'elle puisse s'appliquer, par exemple, à un SDF malade du SIDA... quoique !

[ à suivre ]

B.O.B. a dit…

Cette dame de Château-Gontier avait elle un gros ventre, un sourire niais et les yeux bridés ? Était-elle assise en tailleur et portait-elle un pyjama orange ?

A pars ça je trouve la piste Néocrate assez stimulante. Je propose de l'adopter... en attendant de trouver mieux. Si pat Batbac est ok, je me propose de l'insérer dans le titre du blog.

B.O.B

patbac a dit…

Il manquerait plus que je ne sois pas d'accord. J'ajouterai même que ce sera un honneur pour moi que d'apporter cette modeste pierre à l'édifice.

[ à suivre ]

clodlemaire a dit…

J'aimerais une petite précision : qu'est-ce que la Néocratie?
Parce que Déocratie...ça va, mais Néocratie, là je ne vois pas....

patbac a dit…

Ben, "néo" de nouveau... Nous cherchons bien une nouvelle piste, non ?

L'intérêt de ce mot provisoire, est justement qu'il ne fait référence à rien mais qu'il est simplement nouveau.

[ à suivre ]

clodlemaire a dit…

Ok, ok,ok...mais maintenant nous voila bien...Néocrates que nous sommes...avec l'obligation de remplir une grande boite vide de toutes nos idées sur la question...premier postulat, manifestement : "cratie", qui sert à former un nom en rapport avec un pouvoir, donc on tourne en rond puisqu'on essaye de définir qui a le droit d'accéder au "pouvoir".
- Ceux (celui) qui le veut(lent)
- Ceux (celui) qui ne le veut(lent) pas,
- qui a légitiment le droit d'y accéder
...etc, etc...
je commence à avoir le yaourt cérébral qui tourne...
-

B.O.B. a dit…

Dédé de Dourdan me faisait penser à une autre possibilité : pouquoi pas les dé-démocrates ?
B.O.B.

Meredith Benzazon a dit…

Tu veux pas... je sais pas moi .... ..... .... fabriquer des jouets ....... (ou un truc dans le genre) ......... au lieu de te prendre la tête ??!!

B.O.B. a dit…

Mais personne ne se prend la tête ! Juste quelques réflexions en passant l'histoire de faire travailler les boyaux du cerveau !

B.O.B.

Meredith Benzazon a dit…

Je propose un mot à mon tour et je m'explique.

Je suis pour la "philocratie".

De philo (aimer, ami) et kratos (pouvoir).
Et certainement pas dans le sens de "L'AMOUR DU POUVOIR" mais bien dans le sens : "LE POUVOIR DE L'AMOUR".

Non, loin de moi les pétards à base de moquette naturelle, ou les communautés fabriquant des fromages de chèvres. Je n'ai pas encore demandé l'asile politique à Eurodisney... ni chez les Bisounours.

Voilà pourquoi il me faut m'expliquer.

Quelque soit le mode de gouvernance que nous pourrions imaginer, aussi beau soit-il sur le papier – car nous avons en héritage de bien belles idées qui sont le fondement de nos démocraties et que je refuse de balayer d’un revers de la main – il demeure entre les mains de gens pour le moins imparfaits.

S’ils n’étaient d’ailleurs qu’imparfaits, et donc perfectibles, ce serait idéal. Mais l’humain est aussi – et souvent – doté d’une incroyable volonté de domination, d’une évidente croyance de sa – prétendue – suprématie et d’une propension toute relative à la remise en question.

[J’attends avec impatience que nous parlions de « Dieu » et de la « croyance » mon cher BOB, soit dit en passant.]

Revenons un instant sur la démocratie. La démocratie a deux formes : la démocratie directe et la démocratie représentative. En France, notre démocratie est représentative car nous élisons des députés afin qu’ils représentent nos opinions (sur le joli papier). La démocratie d’Athènes, elle, était une démocratie directe : sans intermédiaire représentatif. Elle semble plus logique mais totalement inapplicable dès lors que le nombre de citoyens dépasse un cap que nous avons dépassé depuis longtemps.

Imaginons donc que nous balayons la démocratie pour inventer un mode de gouvernance qui soit tout autre. Plusieurs questions se posent alors.

Quel est le but de cette « gouvernance » ? Administrer la cité ? Rendre les gens heureux ? Faire en sorte qu’ils aient ce dont ils ont besoin ? Faire en sorte que tous aient accès à ce qui nous semble « vital » ?

Qui doit répondre à ses questions ? Nous, ici présents sur ce blog ??
Pour simplifier le raisonnement, je vais dire que JE décide des réponses à ces questions (et l’on détecte déjà ici un énorme problème).

Je décide de ce que la philocratie doit apporter aux autres et à moi-même de manière totalement arbitraire. Je me base sur mes envies, mes utopies et crée le mode de gouvernance qui ME convient. J’y vais.

Premièrement, je ne crois pas aux frontières. L’humain est le citoyen du monde. La gouvernance devrait être mondiale. Voilà déjà un postulat bien embêtant. Mais c’est ainsi que je pense que le monde devrait tourner. Pour que l’équilibre soit. Pour tenter de limiter les inégalités. Et c’est à cette seule condition que ma philocratie peut être.

Voilà donc un monde, sans pays ni frontières. Sans nationalités. Un monde ouvert où tous ont avoir les mêmes droits et les mêmes devoirs. Pourquoi ? Parce que nous sommes tous de la même espèce. Que nous devrions imaginer une civilisation qui protège notre espèce.

Selon la pyramide de Maslow, il faut satisfaire aux besoins « vitaux » avant de passer aux besoins « supérieurs ». Les besoins « vitaux » pour l’être humain peuvent être simplifiés à l’extrême : boire, manger, être protégé des intempéries, pouvoir être soigné.

Si l’invention de la philocratie permettait juste de créer cela, je pourrais mourir en paix.

Avant même que je n’aille plus loin dans la description de ma philocratie, je tiens à « zoomer » sur quelques points.

Ma vision des choses présuppose que TOUS soient, d’une seule voix, au même instant, sans protestation aucune, d’accord avec moi. Si ce n’est pas le cas, autant dire que je deviens pour un temps DIDACTRICE pour mettre tout le monde au pas ! C’est l’évidence. MOI je SAIS ce qui est bon pour l’humain. Ce n’est pas grave si l’humain ne comprend pas tout de suite, il me remerciera plus tard.

Un peu sur le principe de l’éducation des enfants. Je ne suis pas l’amie ne mes enfants. J’ai fait mon deuil de cette amitié utopique. Un « non » tout à fait péremptoire est d’usage relativement souvent à la maison. C’est ainsi et pas autrement. Je SAIS.

Heureusement, vous avez de la chance, vous êtes tombés sur une philocrate un peu intelligente et très aimante, tolérante et compréhensive. Imaginez un peu le bordel si on me remplaçait par n’importe quel abruti violent qui passerait par là !!

Je décide donc de répondre aux besoins vitaux des êtres humains pour commencer. La planète pourrait le permettre. Dans quel but ai-je décidé cela ? Parce que chaque vie a une valeur égale à une autre. Qu’aucune vie ne vaut plus qu’une autre. C’est un tout petit peu moins vrai pour mes enfants, mais imaginons que je décide que mes enfants sont aussi importants (ou aussi peu importants) que les enfants de mon très très éloigné « frère » humain de l’autre bout du monde.

La philocratie : j’aime les humains (profondément) et je veux que l’AMOUR (l’intérêt tout à fait désintéressé que je porte à l’autre) soit au cœur de la « gestion » du monde. Je veux que chaque être ait le droit de vivre (manger, boire, se protéger des intempéries et des maladies).

Il y a un second temps. Mais il n’est pas encore temps d’en parler ici.
Et d’ailleurs, vous devez avoir suffisamment matière à débattre avec le « pain » que je vous offre.

Amis philocrates, bonjour.

Meredith Benzazon a dit…

Pas "didactrice", évidemment, mais "DICTATRICE"... vous aviez corrigé de vous-même !

clodlemaire a dit…

Je me demande comment l'homme qui est cratophile par nature pourrait devenir philocrate....enfin, les voix du saigneur, définies par Jack the Riper, sont impénétrables...ou alors avec une bonne lame....

patbac a dit…

Il semble hélas, qu'il y a longtemps que nous (l'humanité) ne nous satisfaisons plus uniquement du vital. Ce vital étant lui-même variable selon les époques, les civilisations et les castes...

Manger, boire, se reproduire, se protéger... tout cela est vital par définition. Mais qui cela intéresse-t-il dans un projet politique aujourd'hui ? Ceux qui en sont démunis en fait, soit une grosse moitié de la planète. Et l'autre moitié qu'en fait-on ? Devra-t-elle attendre sagement d'être rejointe par la meute grandissante des laissés-pour-compte ? Surtout pas, car ce qui l'intéresse cette moitié, dont nous sommes, c'est bien de ne jamais appartenir à l'autre moitié. Moi ce qui me plaît, c'est avoir un plus gros 4x4 que mon voisin... moi, c'est écouter du free jazz à fond sur mon Accuphase DP600... moi, c'est m'en mettre plein les fouilles et exploitant mon prochain... être plus fort que le faible, posséder plus grand, plus cher, plus beau... ça, ça me fait bander !

L'acquisition du vital n'est pas un projet fédérateur, pour nous tous qui attendons de mourir un jour. Passer le temps, le mieux possible, voilà le chemin emprunté par l'humanité depuis toujours. Rêver de ne plus avoir faim ne me concerne que lorsque j'ai faim. Rassasié, mes ambitions reprennent le dessus et je rêve à autre chose.

La philocratie envisagée et partagée repose sur des valeurs oubliées, effectivement, depuis que notre nombre est devenu multitude. L'entraide et la fraternité pouvaient s'envisager dans un simple clan, encore qu'il possédait un chef qui veillait au grain. En fait, je ne suis même pas persuadé que ces valeurs n'aient eu d'autre réalité que celle gravée dans la pierre de nos frontispices nationaux. Qui a envie de partager ce qu'il a durement acquis, de rendre ce qui le différencie socialement de son voisin humain ?

Il y a dans la possession du superflu une vertu indéniable, celle du simple dépassement animal. Animal dont nous refusons toujours la fraternité génétique. Elle est le moteur du développement de notre espèce...

Tiens, je vais faire une pause Wii, moi !...

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