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2008/12/01

Critique radicale de la démocratie (2)


Un deuxième problème posé par le vote majoritaire est sa parfaite inadéquation aux nouvelles réalités sociologiques et politiques. Les multi-appartenances politiques, les corpus électoraux multi ethniques, le nomadisme des citoyens devant les grands thèmes politiques et sociaux voir le zapping idéologique et le « cherry-picking » conceptuel conduisent à vider de leur substance les deux piliers du système que sont la délégation de pouvoir et la représentation. Pour à peine caricaturer, les représentants tendent à ne représenter qu’eux même et ne leur sont plus délégués généralement que de pseudos pouvoirs tout justes symboliques.

De plus, les systèmes de vote majoritaires ne peuvent pas réguler les espaces politiques dans lesquels les supposées différences sont irréductibles à courte échéance. Prenez, par exemple, l’impossible démocratie en Irak où la prise de pouvoir par la majorité des uns conduira purement et simplement à l’annihilation de la minorité des autres. Il existe un certain nombre d’autres exemples notamment en Afrique sub-saharienne ou l’application dogmatique du principe majoritaire en antagonisme avec les réalités historico-ethniques a déjà conduit à de terribles massacres.

7 commentaires:

clodlemaire a dit…

Cher BOB, un blog comme le votre méritant du buzz je me suis permis de faire un coup de pub sur le mien. J'espère que mes 200 (environ) visites quotidiennes réagirons à vos propos.
En tout cas vous avez le mérite de...
J'attends vos réflexions avec impatience.
Clod

clodlemaire a dit…

Dans mon dernier message, il fallait lire réagiron"t" et non réagiron"s".
Pardonnez-moi pour cette erreur due à une frappe trop rapide.

clodlemaire a dit…

Aujourd'hui c'est le jour des questions.
1)Y a-t-il des exemples de démocratie qui fonctionnent légitiment?
2)Le découpage électoral ne remet-il pas en cause le principe de la démocratie?
3)La démocratie tient-elle compte des cultures diverses et variées du monde (200 nations - 6000 langues)?
4) La manipulation des masses par les différents médias(cf la société du spectacle de Debor)est-elle ou non contraire au principe de démocratie?
5)Quelle différence y a-t-il entre République et Démocratie?
6) Le principe même de la Démocratie n'est-il pas remis en cause lorsque l'on constate que seuls ceux qui votent ont pouvoir de décision? (pour mémoire Sarkozy a été élu avec environ 15 millions de voix sur 70 millions d'habitants)
7)Ceux qui votent acceptent le pouvoir de la majorité et pourtant, ils sont les premiers à refuser les décisions des élus si ces derniers ne sont pas leurs champions, n'y a-t-il pas là une sacrée contradiction ?
8) Pourquoi n'y a-t-il aucune sanction lorsqu'un candidat ne met pas en pratique le programme pour lequel il a été élu?
Bien sûr j'ai mon idée sur ces questions, mais j'aimerais bien en débattre...
Un autre jour il y aura d'autres questions...

clodlemaire a dit…

La question 1) est pleine de fautes.
il faut lire :
1)Y a-t-il des exemples de démocraties qui fonctionnent légitimement?

Suicufnoc (jr) a dit…

Assez cool toutes ces questions.

Je vote pour la question 4 :

J'ai le sentiment que les démocrates considère la pression médiatique comme un pré-requis. L'existence de mass-média "libres" seraient, selon eux, consubstantielle à la vraie démocratie...

T/.

Meredith Benzazon a dit…

[Commentaire aux deux articles]

Cher(s) B, Albert & Toto,

Je voudrais revenir sur deux ou trois points de ta très intéressante critique du suffrage et de la démocratie.

Il est intéressant de revenir aux sources. Le mot suffrage, étymologiquement parlant, signifie "aider par le vote".

On peut donc considérer, comme tu le suggère d'ailleurs, que le vote intervient pour venir au secours d'une décision "collective" impossible à trancher.

Ou encore que les citoyens "aident" la majorité par le vote - ce qui est assez absurde, j'en convient, quand on constate que, quels que soient les résultats, les votants ne sont jamais satisfaits, individuellement, du résultat du vote.

Tu parles aussi de la légitimité du vote qui serait basée sur l'évidence que la raison des plus nombreux serait forcément la meilleure. J'avoue tout de même préférer cela à l'autre évidence - qui n'est pas une fable - qui tend à souligner que la raison du plus fort est toujours la meilleure...

Dans quelle mesure ces deux évidences sont-elles identiques ? Il serait intéressant de creuser le sujet.

Tu parles aussi d'un monde qui ne serait pas binaire. Je suis entièrement d'accord avec toi.

Le monde ne l'est pas. Comme me l'assenait mon père quand j'abordais ma crise d'adolescence : "le monde n'est pas noir et blanc ma chérie... tu verras que plus tard, tu n'y verra que d'infinies nuances de gris".

Certes : du gris j'en vois. Plus encore que mes yeux ne sont capables d'en distinguer.

Pour les enfants, le monde est binaire. Bien ou mal, sage ou non, libre ou puni, satisfait ou frustré... Eh bien j'ai ma petite théorie, qui s'éloigne un peu de la politique pour se rapprocher de la sociologie.

A mon sens, l'être humain est un enfant sans parent. Binaire et primaire.

Et cette vision des choses me permet de comprendre le monde.

Pourquoi alors disserter des heures sur l'intérêt de la démocratie ?

Dolto te dirait "démocratie, liberté absolue" pour les enfants.

Moi je dis que des enfants, aussi doués soient-ils, ne doivent pas décider de l'heure du dîner ou du mode de paiement de la facture d'électricité.

A toi de voir comment approcher cela de ta réflexion. Pour ma part, je me demande si je ne deviens pas un peu dictatoriale !

Suicufnoc (jr) a dit…

Je n'ai pas l'impression de voir ici une dissertation sur la démocratie.

C'est une critique radicale...juste formelle à ce stade : la démocratie ne marche que si l'on a le choix entre deux options. C'est un fait mathématique. Dès qu'il y a plus de deux choix (trois par exemple), ça ne marche pas.

Que le monde soit gris ou vert, c'est un tout autre débat.

Cette critique dé constructive vise certainement l'action.